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alainmarine
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M'enfin! qu'est-ce que vous voulez savoir? Souvenirs en vrac! Marine,Route, avec humour si possible!
Catégorie :
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Date de création :
21.05.2007
Dernière mise à jour :
13.11.2007
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BELLA NAPOLI

BELLA NAPOLI

Posté le 25.10.2007 par alainmarine
Journées un peu spéciales.
Il fait plutôt humide ce lundi matin à Gardanne. Double-mètre, Henri et moi sommes en chargement pour Naples. Ces deux là sont quasi inséparables.
Rien ne prédisposait ''Double-mètre'', du haut de son mètre soixante-sept, avec ses mouvements vifs et sa faconde, à devenir l'ami d'Henri qui, habitué dés son enfance à l'imprévisible et l'improbable, est, en toutes circonstances, d'un calme imperturbable.
Ils étaient juste copains le jour ou, dans une scierie nantaise, ils chargèrent des planches pour Rouen. Voyage assez court qui aurait du être sans problèmes. Toutefois une planche du camion de Double-mètre se mit à glisser doucement vers l'arrière. Au fil des kilomètres, à chaque chaos elle glissai de quelques millimètres. A La Flèche elle dépassait de trois mètres. Il fallait agir! Repousser la planche à la main était utopique. Peu après Alençon un parking se présenta qu'un petit mur séparait d'un verger en contrebas. Appuyer la planche contre le mur et pousser en marche arrière pour tenter de la remettre en place ne prit qu'un instant... Le mur ne résista pas plus longtemps! Le bruit de la chute des pierres n'était pas atténué que nos deux compères étaient déjà reparti. Et la planche continua à glisser.
A trente kilomètres de Rouen, elle dépassait de six mètres et traînait presque par terre! Pour éviter un accident Henri suivait son copain d'aussi prés que possible. Une enseigne aperçue dans un village donna une idée à Double-mètre. Un arrêt, un achat, un brin de bricolage et le voyage reprit, Henri toujours suivant mais secoué par un rire interminable....Le convoi eut quelques succès en traversant Rouen. Chez le client aussi car, pour éviter que la planche ne frotte à terre, Double-mètre avait fixé à son extrémité une paire de patins à roulettes et, pour être en règle avec la loi, surmonté le tout d'un drapeau rouge. C'est dans cet équipage qu'il termina la livraison! Lui et Henri ne devaient jamais oublier cette galère...Une amitié était née!
Nous quittons Gardanne sous une pluie battante. A Vintimiglia il y a encore quelques nuages, à Génova le soleil brille! De péage en péage nous approchons de Napoli, dans les faubourgs je prends la tête pour guider vers l'usine ou je suis déjà venu.
Sur le grand parking qui précède le poste de garde il n'y a qu'un camion turc, rideaux tirés.
Nous nous garons. Documents en main nous allons vers le gardien, Il ne nous laisse pas parler: « La fabbrica è chiusa! Gli operaï fanno sciopero. » (L'usine est fermée. Les ouvriers sont en grève.) « Fino a quando? » (Jusqu'à quand?) « Non so! Domani, dopodomani. Chi lo sa? » (Demain, après-demain! Qui le sait?)
Coup dur. Il nous faut prévenir papé Blanchot. Les ordres sont nets: attendre...Longue journée, chacun s'occupe comme il peut. Durant l'après-midi d'autre bahuts arrivent: deux allemands, un espagnol, un portugais, coté turc rien ne bouge. A dix-neuf heures nous décidons d'aller souper, Henri dételle son tracteur, nous partons à la recherche d'un ''ristorante''. Les allemands font de même, je sais que l'espagnol et le portuguais, désavantagés par le change, mangeront à leurs camions
A notre retour un piquet de grève s'est installé avec drapeaux et banderoles. Même à Naples les soirées sont fraîches en Avril. Les grévistes ont allumé un feu de palettes.
Pas envie d'aller nous coucher, je sors mon camping-gaz, le café, le sucre et j'invite les autres chauffeurs à se joindre à nous. Double-mètre, qui est allé fouiner dans les coins, revient avec un demi-baril qui a du servir de foyer. Des pierres pour le caler; je vais quémander quelques palettes pour faire du feu, nous dégustons notre café au chaud. Jésus l'espagnol va chercher sa guitare et commence à nous régaler de flamenco!
Pendant qu'il joue je me souviens de quelque chose. Il y a deux semaines je suis allé livrer
à Privas chez un célèbre fabricant de crème de marrons. J'en suis reparti nanti de deux sacs de châtaignes de vingt kilos. Oubliés depuis, ils sont dans le coffre de ma semi. En avant pour une ''marronade''.
L'odeur des marrons chauds, la guitare de Jésus attirent les grévistes. Il y a assez de fruits pour tous. Les italiens apportent du chianti, les allemands des bières et une soirée s'improvise.
Jésus joue du Brassens, du Brel, airs connus que nous reprenons en choeur....Les napolitains fredonnent quelques chansons, Jésus, bon musicien, trouve vite les accords d'accompagnement! On chante, on rit, on déguste les marrons....
Puis s'élève le plus célèbre des chansons napolitaines, connue dans le monde entier: O sole mio!
Che bella cosa una giornata di sole
Un' aria séréna dopo la tempesta
Per l'aria fresca pare gia una festa
Che bella cosa una giornata di sole
Nous chantons tous cette ritournelle de Caruso. Le feu s'éteint doucement, la fatigue se fait sentir, il est déjà trois heures. Les italiens s'éloignent, nous regagnons nos cabines « Ciao! Bonsoir!
Gute nacht! Boas noites! Buenas noches! » Chacun dans sa langue souhaite bonne nuit aux autres. Nous nous sommes bien amusés. Le ciel napolitain est brillant d'étoiles et ''l'aria é serena''. A demain!










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