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alainmarine
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M'enfin! qu'est-ce que vous voulez savoir? Souvenirs en vrac! Marine,Route, avec humour si possible!
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Date de création :
21.05.2007
Dernière mise à jour :
13.11.2007
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MAGNANA PER LA MAGNANA

MAGNANA PER LA MAGNANA

Posté le 06.09.2007 par alainmarine
Roanne, début du mois de mai. Je viens de charger quelques caisses qui contiennent deux métiers à tisser que je dois livrer du coté de Barcelone. Je n'apprécie pas! Mon premier voyage en Espagne ne m'a pas laissé de bons souvenirs.
J'étais à Lille quand Papé Blanchot, notre affréteur me téléphona: « Vais vous faire plaisir, je vous envoi au soleil (on était en plein mois de mars!) Vous chargez pour Vitoria! » « Vitoria? » « Vitoria, en Espagne, par Irun et San-Sébastian, apprenti! » « Merci, vénéré grand-père! » « Fichez-vous de moi! Et prévenez quand vous serez à Hendaye! ».
En ces temps quasi préhistoriques pour aller d'Hendaye à Irun il fallait passer le pont sur la Bidassoa.
Au début du pont, coté gauche, la guérite des douaniers français. Je fais viser mes documents et le gabelou de service me signale aimablement qu'à la sortie du pont, je devrai tourner à droite dans le parc de la douane espagnole et de ne pas manquer l'entrée surtout, les ibères n'aiment pas ça! A l'autre bout du pont, tout occupé par cette entrée à ne pas louper je ne vois pas sur ma droite la guérite des douaniers espagnols et j'oublie de stopper.
Le rappel à l'ordre est immédiat et bruyant. Je me fait copieusement engu....er. La sonorité de la langue de Cervantes met tout le voisinage au courant. Quand le préposé espagnol a fini de s'égosiller il s'occupe de mes papiers, (il prend son temps le bougre!) après quoi je peux enfin entrer dans le fameux parking de la douane d'Irun.
Je trouve mon transitaire et je lui demande quand je pourrai partir? La réponse à cette quertion est une des phrases de base de l'espagnol: « Magnana per la magnana! » qui peut se traduire par: « Demain matin! » où par « Dans quelques temps! » et même parfois par « Dieu seul le sait! »
Le lendemain direction San-Sebastian. Premier pépin, je loupe l'embranchement de la route de Vitoria et décide de prendre un autre itinéraire, deuxième pépin, je ne vois pas le panneau qui déconseille ce trajet aux poids-lourds.
J'entame alors une montée sévère, longue et sinueuse. Après quelques kilomètres mon moteur chauffe dur. Il devient urgent de faire une pause. Heureusement se profile la fin de la côte et un grand parking ou stationnent déjà des véhicules de la « Guardia Civil ». Je me gare à quelque distance et me prépare à descendre.
Capendious! Je n'en ai pas le temps, ma portière est ouverte avec violence, une main m'empoigne par la ceinture et me tire sans douceur hors de la cabine, le canon d'une mitraillette s'appuie sur mon estomac et un moustachu à tricorne me hurle je ne sais quoi en pleine face. Un autre moustachu mais à casquette, doré sur tranche, s'approche et parle au mitrailleur, dans le charabia je comprends le mot « francés »! Le tricorne se recule, me regarde d'un air dégoûté puis d'un mouvement du canon de son engin me fait signe de remonter dans le camion et de partir. J'obtempère illico! Il est des choses avec lesquelles on ne discutes pas!
Livraison et retour. Là, je ne perds que trois heures à attendre que soient dégagés de la chaussée des arbres abattus par des basques mécontents.
Je crains que ce second voyage en Ibérie ne soit aussi placé sous le signe de la « poisse espagnole ». Alors en approchant de La Junquera, malgré moi, j'angoisse! Et puis rien! Je passe la frontière en douceur, les douaniers sont efficaces, la route de Barcelone sans embûches! Arrivé dans la capitale de la Catalogne je salue au passage la statue de Christophe Colomb et pénètre sur les quais du port dans le centre T.I.R. pour les vérifications obligatoires.
L'agent-vérificateur est un petit homme vêtu de sombre. Il a une fine moustache noire et ses paupières tombantes lui donnent l'air d'un cocker triste. Il désire vérifier trois caisses et déplombe le cordon T.I.R. que je retire. Je débâche.
Il fait sortir les caisses. Les deux premières sont imposantes et, ouvertes, laissent voir des barres, des tubes, des plaques de couleur verdâtre. La troisième, plus petite, est lourde et le connaissement m'indique qu'elle contient douze mille cinq cent boulons.
Le vérificateur fait replacer les deux grandes caisses puis s'adresse à un ouvrier qui s'éloigne. Il revient avec un grand carré de toile cirée qu'il étale sur le sol.
Le douanier ôte sa veste, la plie soigneusement, vide sur la toile cirée vis et écrous, s'assied et se met à faire des petits tas: dix écrous par ici, dix vis par là! Je suis abasourdi!
Je questionne: « Ustedes todos va contarles? » (Vous allez tous les compter?). « Si! »
Là je devrai me taire, monter dans le camion, prendre un livre, faire n'importe quoi! Non, malgré moi, je m'entend poser la question fatale: « Pero cuando habra acabado? » (Mais quand aurez-vous fini?).
Il lève vers moi son regard de cocker, un semblant de sourire étire ses lèvres et sa moustache et d'une voix atone me répond: « Magnana...per la magnana! »......Je vais pouvoir visiter Barcelone....La « poisse espagnole » aura un bon coté!









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Posté par Lili Praha le 07.09.2007
Se dice "Manana por la manana" y tanto San Sebastian como Irun no son Espana sino Pais Vasco ;) Je plaisante ! Ahlalala !


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