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Nom du blog :
alainmarine
Description du blog :
M'enfin! qu'est-ce que vous voulez savoir? Souvenirs en vrac! Marine,Route, avec humour si possible!
Catégorie :
Blog Humour
Date de création :
21.05.2007
Dernière mise à jour :
13.11.2007
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FANTOME OU PAS FANTOME?La Dame Blanche.

Posté le 08.07.2007 par alainmarine
La Dame Blanche.

Je déteste les remplacements d'été. Laisser les grands trajets pour un parcours régulier et routinier m'est pénible. Chacun devant profiter des vacances, pendant un mois ou un mois et demi, je joue les pères tranquilles du volant! (Pas si tranquilles que ça, car qui dit régulier dit aussi livraisons et horaires à respecter malgré tous les avatars possibles: pluie, neige, verglas, pannes, crevaisons, etc,...Chapeau les pépères!)
Cette année j'ai un trajet facile: Le Mans-Courtenay en passant par Orléans avec un client à servir à l'aller et Montargis-Savigné-l'Evêque au retour! Une véritable route verte: de jolis paysages sur tout le trajet et, entre Orléans et Montargis, une longue ligne droite de plusieurs kilomètres qui traverse une magnifique forêt. J'y transite de nuit et j'ai souvent le plaisir d'entrevoir des bestioles qui se risquent sur la route: lièvres, sangliers, biches, faons.... un vrai zoo en liberté!
Vendredi, la nuit est tiède, je roule paisible. Le routier est vigilant, l'autre moi rêvâsse, sa pensée sautant du coq à l'âne et même de la souris à l'éléphant.... Soudain une femme habillée de blanc se jette devant le camion. Le routier réagit d'instinct: freins, descente d'une vitesse pour garder l'adhérence, frein à main, phare de recul, (tous les bahuts ne sont pas encore équipés de warnings!). Il faut au moins soixante mètres pour stopper un camion. Le coeur battant à cent à l'heure je saute en voltige de la cabine. Devant le tracteur rien! Sandédis! elle est passée sous la remorque! Je cours derrière la semi, rien non plus et, dans la lumière du phare de recul, pas de traces!
Entre temps je me remets a penser! (Si! si! ça m'arrive!) Je suis rentré dans quelqu'un et je n'ai ressenti aucun choc, ni entendu aucun bruit, impossible! La partie de moi qui ne conduisait pas a rêvé la chose et le chauffeur a agit par réflexe! Je jette quand même un coup d'oeil sous la remorque: pas d'accidentée, mais un objet tranchant s'est glissé entre les roues du jumelage arrière droit, d'où forte entaille dans le flanc du pneu extérieur et grosse bulle de chambre à air!
En roulant quelques kilomètres de plus c'était l'éclatement assuré, pas forcément un truc grave, bien que sur ces routes bombées et gravillonneuses, la perte de contrôle soit toujours possible. Averti, il ne me reste qu'a changer la roue.
Il y a un relais avec un grand parking à la sortie de la forêt à six cent mètres d'ici, je pourrais même me reposer un peu. Cet arrêt intempestif se sera donc révélé utile!
Mercredi suivant, tard, très tard! Je suis dans l'ordre: en sueur, en retard, en colère. Par la faute d'un élévateur en panne chez mon client d'Orléans je viens de dépoter à la main trois cent cartons de vingt-cinq kilos de dinde surgelée. Et les cartons surgelés c'est froid et ça glisse! La nuit est donc bien avancée quand je traverse la forêt. Je viens de passer le Carrefour des Six Routes qui marque à peu prés le milieu du bois quand je l'aperçois: une femme habillée de blanc avec de grands cheveux noirs qui fait du « stop »! En panne sans doute, à cette heure la simple courtoisie m'oblige à m'arrêter! Je roule vite, il me faut bien cent mètres avant de stopper. Un coup d'oeil dans le rétro de droite, ma stoppeuse n'est pas visible cachée par la remorque.
Soudain, fracas de branches brisées, piétinements de sabots, à cinquante ou quatre-vingt mètres devant le bahut, surgit du taillis une harde de cerfs affolés qui traversent la route en diagonale dans ma direction. Si je ne m'étais pas arrêté pour aider cette femme en blanc, la rencontre aurait été rude et le pépin grave assuré, car un cerf c'est trois cent kilos de muscles, ça court vite et ses bois sont durs. Alors, plusieurs prenant mon tracteur pour cible, on peut imaginer les dégats.
Les cerfs ont disparus et ma blanche auto-stoppeuse aussi! Je reste songeur, par deux fois j'ai arrêté mon camion à cause d'un fantôme blanc et par deux fois j'ai évité ainsi un éventuel accident! La légende des Dames Blanches aurait-elle une réalité? Je ne sais que penser!
Il n'y aura plus d'incidents et, remplacement fini, je regagne Cavaillon. C'est le dernier dimanche d'Aout, nous sommes une dizaine d'internationaux en partance ce soir et, assis à la terrasse d'un café, nous parlons surtout de ....camions! Il y a là Combes et le grand Robert de « La Flèche », Figasse dit « La Figue », (Allez savoir pourquoi!) et Manu des « Corsaires ». Je suis le plus jeune, j'écoute plus que je ne parle...Pourtant, profitant du passage d'un ange, je raconte succinctement mes mésaventures.
Un silence puis Manu prend la parole. Manu c'est le plus ancien d'entre nous, le plus expérimenté et le plus sage. « Tu sais, minot, beaucoup de routiers, je crois, ont vu la Dame Blanche!
Peu en ont parlé! La Dame Blanche c'est comme la Bonne Mère et son Pitchounet, c'est une question de sentiment personnel! ». Un temps: « De sentiment personnel! ».
Les autres opinent: « Bien dit! », « Vouais! », « Tu as raison! ».......et la conversation dévie....A midi, salut les amis! Chacun rejoint sa famille et son repas, nous nous reverrons au hasard des routes. Resté seul je songe aux paroles de Manu.
Je tends (moralement) une main gauche qui tient la carcasse miniature d'un tracteur: « Pauvre, pauvre Magirus! Y croire ou ne pas y croire, telle est la question!....Cavaillon vaut bien Helseneur!





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CONTE AMER ET VRAI

Posté le 13.06.2007 par alainmarine
C'EST PAS GAI!

Larbi! Vous vous souvenez de Larbi? Hé! Double-mètre, Bonbon, l'Alsaco? Vous l'aviez oublié?..
Larbi c'est pas son nom, en réalité il s'appelle Slimane et c'est vous qui l'avez surnommé comme ça parce qu'il est arabe, ça l'a fait rigoler, il s'en fout il est né en France. A Carpentras, dit-il, fièrement!
Pas doué pour l'école le gamin, alors à seize ans le voilà apprenti mécano aux Transports B... à Plan-d'Orgon sous la férule du père Grazianni.
Mauvais élève mais bon mécanicien. Il a beau être arabe la guerre d'Algérie et l'Indépendance ça lui passe au dessus de la tête. Lui veut être routier comme vous! Les toubibs du service militaire lui ont trouvé un truc quelconque et l'ont réformé. Il est revenu des « trois jours » rayonnant.
Depuis il a passé son P.L et attend que le « Patron » l'envoie sur la route. Pas trop pressé le patron, les bons mécanos sont rares et le père Grazianni approche de la retraite!
Lundi matin six heures, comme tous les lundi le patron est dans la cour, satisfait, tous les bahuts sont partis, « ça roule », il repousse sur sa nuque son éternel feutre noir et savoure un instant de détente qui ne dure pas, du bureau vient de jaillir « La Blouse » l'affrêteur qui n'a même pas pris le temps d'enfiler son habituel vêtement de travail.
« On a un pépin, patron, les trois tonnes de salades pour la Seyne sont encore dans le frigo! »
« Nom de D...! Pourquoi? », « Trois tonnes ça fait pas lourd, je les ai oubliées dans le plan de chargement. », « Z'étes un c..., La Blouse, vous foutrais bien dehors si je ne craignais d'avoir a vous payer cher...On doit livrer quand? », « Demain matin! », « Et personne ne rentre ce soir? On a plus de camion, on a plus de chauffeur...... », « On a encore un camion et encore un chauffeur... ». La voix vient du garage, « Qu'est-ce que tu raconte Larbi? », « Patron on a le vieux Berliet et moi j'ai mon permis! ».
Le patron sait que Larbi peut conduire mais le vieux Berliet! C'est un bahut qui date d'avant guerre et que Larbi a remis en état petit à petit. Il se tourne vers Grazianni: « C'est faisable tu crois? »,
« Le gosse est bon mécano et bon chauffeur, trois tonnes c'est peu même pour ce camion et La Seyne n'est pas loin! Oui, ça doit coller! »
Et ça colle. A neuf heures chargement fait, papiers en règles, Larbi est enfin « Routier ». Le Berliet avale gentiment les kilomètres, pas bien vite mais régulièrement.
Il y a de la circulation. Au mois de Juin c'est normal. Voici Aubagne, puis Cuges-les-Pins, le moteur chauffe un peu. Larbi a hâte d'arriver au plateau de Signes après Cuges, ou il trouvera un relais routier avec un grand parking. Il pourra se reposer et laisser le Berliet refroidir.
Quinze heures, ça repart, Larbi n'est plus très loin du but, encore un passage délicat: la descente de la foret de Font Blanche, pas longue mais pentue, les freins du Berliet sont un peu faiblards mais en usant de la boite de vitesse, descendre en seconde, en sollicitant la pédale aussi peu que possible, tout doit bien se passer.
Larbi conduit tout en douceur, la circulation est dense, aussi bien dans le sens de la descente que dans celui de la montée. Ne pas laisser le camion prendre de la vitesse! Soudain de derrière un impatient déboîte, double en catastrophe et se rabat brusquement! Larbi doit freiner dur pour ne pas le percuter.
C'est une voiture bleue avec une plaque étrangère. Par la lunette arrière Larbi a aperçu deux frimousses blondes qui rient et lui font de grand signes. Larbi maintient une distance de sécurité à petits coups de freins. La voiture bleue s'éloigne. Soudain le moteur se met à grogner! Une petite pression sur les freins, le moteur grogne plus fort, la voiture bleue se rapproche, Larbi appuie sur la pédale de frein: elle s'enfonce jusqu'au plancher. Le frein à main, vite, le bahut ralentit un peu puis le moteur se remet à grogner,il faut se jeter à gauche, sur la paroi rocheuse pour se ralentir, mais dans la file montante les voitures sont l'une contre l'autre et personne ne semble comprendre les appels de phares désespérés!
La voiture bleue est maintenant toute proche et les gamins qui croient à un jeu font de grands signes avec de grands rires. Alors Larbi tourne le volant vers la droite. Le muret de pierres sèches ne résiste pas au choc.
Les voitures qui suivaient le Berliet ont vu l'accident et s'arrêtent de même que celles qui montaient. Les gens se précipitent. Ces véhicules arrêtés préparent un formidable embouteillage, mais un habitant d'une villa au-dessus de la route a vu la chute du camion et alerte la gendarmerie
Les gendarmes sont vite sur les lieux et la circulation reprend. Puis les Pompiers interviennent à leur tour. Sur la route, en attendant que l'on vienne sécuriser l'endroit, un gendarme monte la garde à coté du muret défoncé. Sous le soleil sa faction l'ennuie. De là ou il se trouve on aperçoit, au fond du ravin,150 ou 200m plus bas, une carcasse de camion démantelée et des salades éparpillées.
Passe un cycliste qui visiblement connaît le gendarme: « Salut Jules, qu'est-ce qui c'est passé? ». Le gendarme lève son képi, s'essuie le front, hausse les épaules: « Bof! encore un bougnoul qui croyait que conduire un camion c'était comme conduire un chameau! »
Oraison funèbre pour un Routier! Adieu Larbi!

CHEWING-GUM ET CHOCOLAT

Posté le 10.06.2007 par alainmarine
TRES JEUNES SOUVENIRS!


J'avais quatre ans. Et il y avait cette année-là une guerre terrible. Mon père et ma mère étaient parti la faire et comme beaucoup d'autres ils n'en reviendraient pas. Mon âge me permettait d'ignorer tout cela. Je vivais avec mes grands-parents prés d'Aubagne dans une grande bastide qu'on appelait « La Villa » pour faire bien!
La Villa était un peu en retrait de la route et son entrée se situait sur un chemin qui menait à une petite colline couverte de pins nommée « la butte aux cigales » car elles étaient très nombreuses à cet endroit et y faisaient beaucoup de bruit. Il y avait là un jeu de boules et j'y accompagnais souvent mon grand-père. Pendant qu'il se disputait avec les autres joueurs, (mais c'était pour de rire!) moi je chassais les jolies demoiselles aux ailes diaprées.
Puis tout ça nous fut interdit. Une sentinelle fit son apparition au bout du chemin. En montant la garde elle passait devant notre portail. Ma grand-mère m'avait bien interdit de m'en approcher mais j'étais par trop curieux. Je voulais voir son uniforme vert, ses bottes luisantes, son casque et surtout son fusil, accroché à son épaule et qui excitait à la fois ma curiosité et ma peur.
C'était souvent le même soldat qui faisait les cent pas devant notre entrée, je voyais qu'il était âgé car, quand il enlevait son casque, (et il l'enlevait régulièrement: le soleil tape dur chez nous!) ses cheveux étaient blancs comme ceux de mon grand-père. Parfois il me parlait dans une langue que je ne comprenais pas, il avait alors un sourire triste et il semblait très gentil. Un jour il m'a montré, à travers la grille du portail, une photo, on y voyait une assez grosse dame et deux petits garçons qui souriaient. Puis il a poussé un gros soupir, rangé la photo, m'a caressé les cheveux et m'a donné une barre de chocolat dans son papier d'aluminium. J'étais poli, j'ai dit « Merci Monsieur » et je suis allé porter le chocolat à ma grand-mère.
Je me suis fait gronder pour être allé voir le soldat mais quand j'ai parlé à ma grand-mère des deux petits garçons qui avaient l'air si sages elle m'a répondu d'un ton très dur: « C'est de la graine de boches! », et elle a jeté la barre de chocolat à la poubelle.
Je ne comprenais pas, jamais ma grand-mère n'avait eu un mot méchant pour personne, tout le monde disait qu'elle était bonne avec tous et quand un vagabond avait faim, le curé du village l'envoyait chez nous! Mais moi j'ai surtout regretté le chocolat.
Puis le temps a passé, le vieux soldat est parti et un très jeune l'a remplacé. Ma grand-mère ne pas interdit d'aller le voir. Lui aussi me parlait dans une langue que je ne comprenait pas.
Mais son uniforme était kaki, il n'avait pas de casque mais un calot. Il riait très fort et me montrait des photos ou on le voyait à cheval au milieu de grands troupeaux de boeufs avec des jeunes gens comme lui, coiffés de grands chapeaux comme je n'en avais jamais vu! (Avec les westerns à venir j'en verrai d'autres!) dans sa conversation deux mots revenaient souvent: Texas et chewing-gum, le Texas il me faudrait attendre encore un peu avant de savoir de quoi il s'agissait mais le soldat me fit cadeau d'un paquet de chewing-gum. Toujours poli je dis « Merci Monsieur », je reçu une solide tape sur l'épaule avec un grand éclat de rire et j'allais porter mes friandises à ma grand-mère.
En voyant les petites barres vertes ma grand-mère de s'écrier: « Tu ne vas pas manger ça malheureux, tu va te coller les boyaux! » et hop! à la poubelle les chewing-gums.
Voilà comment, à une époque ou les sucreries étaient rares, je ne pu goûter ni au chocolat allemand, ni au chewing-gum américain.
Heureusement pour moi arrivèrent les Anglais qui, placés entre l'est et l'ouest, apportèrent des bonbons appelés « toffies ». Ils eurent l'heur de plaire à ma grand-mère et contribuèrent généreusement à mes premières caries.







GUT MORGEN!

Posté le 05.06.2007 par alainmarine
GUT MORGEN!

Ca fait quelques semaines que le Vieux me fait tourner en France. Il a prit confiance en moi et aujourd'hui il m'annonce que je dois me rendre en R.F.A. du coté de Munich.
Sandédis! Il en faut de la paperasse pour aller livrer loin de la « Mère Patrie! ». Je ne peux plus fermer ma sacoche.
Pour aller à Munich depuis Cavaillon je dois passer par Sarrebruck! Mystère douanier non élucidable par un « pékin » ordinaire.
Me voici donc à la « Goldene Bremm », poste de douane franco-allemand ou je débarque en débutant absolu. (Honnêtement je ne me sens pas fier!) Par chance un camion se range à coté de moi: c'est un routier marseillais, je lui parle de mon problème, il m'assure de son aide, je le suis et comme par miracle, (Merci, ô Bonne Mère!), tout se passe bien, même avec le gas-oil que j'ai en trop dans mes réservoirs. (En ce temps là, on ne pouvait pas entrer en R.F.A. avec plus de 50 litres de carburant, sinon il fallait payer une amende. Pas de Marché Commun qui tienne! Amitié entre De Gaulle et Adenauer oui, accord entre gas-oil français et gas-oil allemand nein!) Le douanier allemand veut bien considérer à mon air, que je suis un bleu, (Ca me passera mais cette fois ce fut bien utile: par précaution j'avais fait le plein juste avant la frontière!) et il se montre sympa! Il m'applique le tarif minimal,( ça fait déjà pas mal de marks!: fâcheuse impression!). Le gabelou me tend ma facture pour la caisse et me lance: « Foila, Pon Foiyache, monzieur! ». Le sourire est si symphatique et le ton si sincère que je remercie d'un geste. Mon collègue a fini ses papiers,remerciements,poignée de main et il me quitte. A la "kässe" je paye, je démarre, Germanie me voici!
Mon Magirus ronronne sagement et l'autobahn est gratuit, (ou gratuite! va savoir!) tout va bien! La ville ou je me rends s'appelle Freising. J'y arrive vers 16h. Maintenant trouver la douane locale. Je viens d'entrer dans une zone industrielle, je me gare le long d'un trottoir. Je descends et arrête le premier passant venu: « Bitte,zoll? » Il me regarde et rèpéte « Zoll! zoll!...Ach! Dzoll! Ja,ja! » (Pour oreilles françaises: Arrrr.... comme pour chasser le chat de votre gorge! et dddzoll, avec au moins trois D.... Ya ,ya!) Il a compris malgré mon allemand succinct et il se lance dans des explications avec force linxe, rex, ampéle, (Links: gauche, Rechts: droite, Ampel: feux de signalisation!) et pour me faire mieux comprendre en vient même à parler avec les mains! (Un exploit pour un allemand, ce qui prouve sa gentillesse!) Hélas! au troisième linxe je suis perdu! Il s'est donné tant de mal que je n'ose pas le lui dire, je le remercie « Danke! danke! » Il m'a dit de tourner à droite à la première rue: j'obtempère, après on verra! C'est tout vu: à la deuxième bifurcation je suis complètement « paumé » et le soir tombe!
Je navigue au hasard qui cette fois ne fais pas bien les choses. Au énième carrefour je tourne à gauche, hélas! la rue dans laquelle je glisse mon 35 tonnes se révèle être une charmante petite allée bordée de jolies villas devant lesquelles stationnent Mercédes, B.M.W. et autre Opels dans les tons de vert, de gris et de noir, il y a même une Simca rouge: un original sans doute!
Je m'avance un peu, et là je le vois: debout sur son perron, c'est le Bavarois tel qu'on l'imagine en France, il est grand, corpulent mais pas gros, vêtu d'une chemise à carreaux, d'une culotte bavaroise avec bavette et de chaussettes qui s'arrêtent aux genoux,le cheveux blond coupé en brosse, il fume une énorme pipe en porcelaine et son oeil bleu s'arrondit de surprise en me voyant passer.
Impossible de tourner, je suis parti pour une marche arrière de luxe.( Ne pas écorner les belles voitures.) A mon re-passage, mon bavarois m'arrête d'un geste, s'approche et m'interpelle, au ton interrogatif je comprends qu'il veut savoir ce que je cherche. Je répond « Zoll », et comme j'ai bien mis les trois D avant le Z, je suis compris! « Ach! Zoll, Ja,ja! » (Voir plus haut!)
Il me fait signe de reculer et dit: « Eine moment, bitte! ». (Ca, je comprends!). J'attends peu, il réapparait dans une Opel verte et me crie: « Folgen sie mir! » puis, croyant peut-être (a tord!) que je comprends mieux l'anglais que l'allemand il ajoute: « Follow me! ». Hé bien!: Suivons-le dans les deux langues!
Il prend bien soin de m'attendre aux carrefours et aux feux tricolores, (Ampel!) et après dix minutes nous nous arrêtons à coté d'une grande place, nous descendons respectivement de voiture et de camion et d'un geste large il me désigne un bâtiment jaunâtre en disant: « Zoll! ».
Comment lui faire comprendre que je lui suis très reconnaissant? Comme merci je ne connais que: « Danke! danke! ». Je montre un petit café proche: « Eine biére? ». Le mélange franco-germanique le fait sourire, mais il décline en me montrant sa bouche, sa montre, et en disant: « Madam! ». J'ai pigé: c'est l'heure du souper et sa femme l'attend.
Une solide poignée de main, le voilà parti avec un: « Auf wiedersehem! » (Pour oreilles françaises: Aoûf viderzenne! »)
L'Opel disparaît et je m'avise alors que je ne connais ni son nom, ni son prénom et que je serais bien incapable de retrouver sa rue. Je le regrette! c'était un type bien. J'aurai aimé, de retour en France, lui envoyer une carte postale de remerciements. Il ne saura jamais que je n'ai pas oublié sa serviabilité! J'irai livrer encore en Bavière: je m'apercevrais qu'on trouve plein de types bien là-bas!








SOUVENIRS ENCORE!

Posté le 26.05.2007 par alainmarine
Je suis devenu chauffeur routier après quelques avatars mineurs (ouvrier en usine, vendeur et même aide-agriculteur..) et j'ai bossé sur la route pendant plus de 20 ans. Au cours de ce bail j'ai rencontré quelques phénomènes dont les portraits me reviennent en mémoire. J'ai envie d'en parler comme pour mieux les graver mes souvenirs.
C'était il y a bien longtemps, en ce temps là le permis poids lourd se passait au volant d'un petit camion de 3T5, l'examinateur vous faisait faire 1km ou 2, puis vous montrait quelques dessins ayant vaguement trait au Code de la Route et, si vous aviez fait preuve de politesse, il vous tendait un joli petit papier rose avec lequel le lendemain vous pouviez conduire un semi-remorque de 35T. En voilà un beau conte pour endormir les gosses! ou pour les faire se tordre de rire. Et faire pleurer les « Routiers » d'aujourd'hui.
Je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais les conducteurs actuels n'ont rien à voir avec les « chauffeurs » d'hier. J'en parlerai sûrement un de ces jours!
Bon! Revenons à nos moutons comme disait le loup. J'ai envie de causer des « bizarres » que j'ai rencontré sur mes routes et le moins bizarre n'est pas mon premier bahut!
Les Patrons routiers sont des hommes prudents, aussi après m'avoir embauché pour l'été pour convoyer des cageots de salade entre Cavaillon et Lyon et des cageots vides entre Lyon et Cavaillon, le Vieux, ancien routier lui-même, m'a confié un camion encore plus vieux que lui!
Les Grands-Pères se souviennent peut-être des premiers Unics « cabines avancées », des engins avec une énorme cabine toute ronde!Ils pourront en parler aux curieux qui aiment bien tout savoir. Elle était immense cette cabine, les sièges, la couchette et le chauffeur se sentaient tout petit dans cet environnement, tout comme le tableau de bord réduit au minimum: compteur de vitesse, jauge et température moteur! Pas de compte-tours et encore moins de controlographe, cet appareil mouchard qui raconte tout au premier motard vêtu de bleu, ce que ne faisait jamais le carnet de route que les pandores de l'époque appelait d'ailleurs « le menteur! ».
J'ose dire que ce bahut ne m'aimais pas. Il en est des choses comme des gens: on sait immédiatement avec qui on ne s'entendra pas.....il n'y a pas de raisons précises, c'est comme ça et c'est tout! Déjà cet engin ne dépassait pas 80km/h, et son moteur désirait très vivement prendre sa retraite! Donc, dans la vallée du Rhône quand soufflait le Mistral, le vrai, le dur, celui qui enrhumait le nez de Cyrano, je me traînais, de Cavaillon à Lyon, à 60km/h maximum, pied au plancher! Et par toutes les fissures de sa vieille cabine entrait un air glacial, (Si! Si! ou alors vous ne connaissez pas le Mistral!) et en pleines chaudes nuits d'été, je conduisais vêtu d'un gros pull et le nez protégé par un cache-nez en laine bleue, j'ai donc, au cours de ces voyages, attrapé quelques rhumes mémorables dont les éternuements faisaient dire au Vieux avec son meilleurs accent méridional : « Mon bon! C'est à croire que vous êtes allergique à Tambourin! »
Car cette maudite mécanique avait un nom! si j'ajoute que la boite à vitesses était on ne peut plus rétive et que j'ai réveillé, avec les grincements de ses pignons, bon nombres de familles qui se croyaient au calme dans les paisibles villages que je traversais,( Il n'y avait pas d'autoroutes à cette époque.) et que son volant m'a fabriqué de bons biceps tant la direction était directe, pourtant il avait bien 70cm de diamètre. Sept heures de conduite dans cette antiquité valaient trois heures d'entraînement intensif en salle de gym! C'est avec cet horrible engin que pendant trois mois j'ai réussit à livrer mes salades, sans être en retard, fatigué, le nez coulant, mais cependant heureux car j'aimais cette sensation de liberté, de solitude et de responsabilité que ressentait un chauffeur à cette époque dés qu'il avait quitté le parking de son patron!
Et c'est grâce à la régularité de Tambourin que le Vieux a décidé de me garder comme chauffeur, avec un bon camion cette fois. En disant; « Oui! », je savais pas que je venais d'épouser la route et que le mariage allait durer vingt ans!


souvenirs marine

Posté le 22.05.2007 par alainmarine
Bof! J'en ai bavé à cette époque mais palsambleu! voilà que j'en ai la nostalgie.....!
Tout le monde sur le pont! Tu parles: le bon P 693 n'avait sans doutes jamais vu un mec autant sur le pont que moi, allongé, appelant l'Apache pour lui dire et répéter HUG! et RE-HUG!
Départ du Dourdy à 5 heures du mat. pas vraiment réveillé, sur le quai tu prends plein les narines les senteurs mélangées de l'océan, du poisson pas tout à fait frais et du gas-oil de l'échappement des diesels, alors le Second-Maître M......... te conseille de déjeuner: menu sardines à l'huile et pain de guerre, (le pain de guerre, pour les jeunes qui ignorent le service militaire, c'est une sorte de biscuit aussi dur que les tomettes de la cuisine. Il ne devient consommable qu'après avoir trempé quelques jours dans ton quart et alors là tu avales un bol plâtre qui tapisse ton estomac et colmate tes ulcères!)
A ce moment si tu n'est pas Breton, et même parfois si tu l'es, tu est bon pour sentir, en montant à bord, que ce que tu viens de manger ne te profiteras pas beaucoup.
Bon, passons, la journée sera longue, humide, froide et salée, tandis que les pas malades te regardes d'un air à la fois pitoyable et supérieur. Pôvre de toi qui ne supporte pas les mouvements du manège océanique, pourquoi as-tu choisi la Marine quand tu aurais pu être bien au chaud dans la peau d'un secrétaire d'un colonel du Génie! L'esprit d'aventure, mon bon! et le goût d'un Uniforme seyant et pas courant au centre de la Normandie.
Puis le mal de mer passe, le S/M M...... t'apprends à manœuvrer un canot(prononcer canote pour avoir l'air de savoir de quoi vous parlez!) à l'aviron et à la voile et ça devient un vrai plaisir! L'Océan devient un ami et ses mouvements ne te rendes plus malades. Et le Dourdy en Loctudy devient un souvenir agréable, toi un marin passable et le vieux P 693 un yatch de luxe! [FONT=Times][SIZE=7][COLOR=red]
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